ALSIV : lutte contre l'illettrisme Formations aux savoirs de base

  • Centre Presse 19 juillet 2011
L'Alsiv apprend à lire
et à écrire depuis 25 ans
L'association Alsiv fête ses 25 ans. Chaque année, elle permet à 150 personnes de devenir autonomes en accédant à la lecture et aux savoirs indispensables.
 
  Au début, l'Alciv s'écrivait avec un « c », et ça voulait dire « Association de lutte contre l'illettrisme dans la Vienne ». Depuis 2003, l'Alsiv s'écrit avec « s » et est devenue « Accéder à la lecture et aux savoirs indispensables à la vie ». Mais depuis 25 ans, le but est toujours resté le même, comme l'expliquent Marie-Cécile Lambert, présidente, et Claudie Delelis-Fanien, vice-présidente: « Apprendre aux personnes à devenir autonomes, en maîtrisant la lecture, l'écriture et aujourd'hui les bases de l'informatique. »

"Les femmes font plus facilement
la démarche"


Les formations s'adressent à des personnes en situation d'illettrisme (qui sont allées à l'école mais ont perdu l'usage de la lecture) ou d'analphabétisme (qui n'ont jamais appris à lire). Qu'ils aient été aiguillés par Pôle Emploi, les associations de quartier, les travailleurs sociaux ou le bouche-à-oreille, tous bénéficient d'un accueil personnalisé.


« Les formations s'adaptent au niveau et à la situation personnelle de chaque apprenant, en petits groupes. » L'Alsiv fonctionne avec quatre salariés et une trentaine de formateurs bénévoles, et reçoit environ 150 apprenants par an. De tous profils, mais majoritairement des femmes, avec une moyenne d'âge de 36 ans. « Les personnes étrangères analphabètes viennent plus facilement. Pour les personnes illettrées, c'est plus difficile: souvent il y a des accidents de parcours, mais il y a encore une honte. Les femmes franchissent le cap pour accompagner les enfants dans leur scolarité. »


La formation s'étale sur plusieurs années, et la grande majorité des apprenants s'accroche jusqu'au bout. « On a l'exemple d'une jeune femme qui vient de terminer après six ans. Elle voulait pouvoir rencontrer les enseignants de son fils et là, pour la première fois, elle a vu ses profs au lycée! Elle a aussi pris le train: avant elle n'avait jamais osé acheter de billet », raconte Claudie Delelis-Fanien.
A côté de ces satisfactions, l'association connaît cependant des moments difficiles, quand il s'agit de boucler le budget. Car si les formations sont gratuites pour les apprenants, elles représentent un coût énorme, malgré le fort engagement bénévole. « Même si nous sommes soutenus par la Ville, le conseil général et la Caf, nous ne sommes jamais sûrs du renouvellement des subventions, notamment dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale, regrette Marie-Cécile Lambert. On veut simplement qu'on nous laisse faire notre travail, car on répond à une demande locale, et rien d'autre n'existe pour nos apprenants. »


> Toutes les personnes intéressées peuvent contacter l'Alsiv pour devenir formateurs bénévoles. Pour cela, il faut aimer le contact et l'écoute, et avoir 5 heures par semaine à y consacrer. A noter que les étudiants peuvent valoriser ce bénévolat dans le cadre de leurs études. Les cours sont dispensés aux Couronneries, à Bel Air, aux Trois-Cités et à Bellejouanne.
> Contact: Alsiv, 9 rue de la Clouère à Poitiers, tél. 05.49.47.87.78, courriel: alsiv86@gmail.com, internet: www.alsiv.fr

Élisabeth Royez

                           Société

Les chiffres et contacts à retenir

CONTACTS
Pour apprenants
et futurs bénévoles
Pour toute information sur l’Alsiv, s’adresser au siège de l’association au 9, rue de la Clouère. Tél. : 05 49 47 87 78. Emil : alsiv86@gmail.com. Site  ww.alsiv.fr. Pour les autres sites de formation, téléphoner au 06 61 25 88 95.

STATISTIQUES
9% de Français
touchés par l’illettrisme
Selon des statistiques datant de 2007, 3 100 000 personnes, soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans résidant en France métropolitaine et ayant t scolarisée en France, seraient en situation d’illettrisme. 4,9% de jeunes de 17 ans seraient également concernés.

AGE
38 ans de moyenne à Poitiers
Parmi les 130 apprenants de l’Alsiv, toutes les générations sont représentées. L’âge de ces apprenants est ainsi compris entre 16 ans (le seuil légal) et 72 ans. La moyenne est de 38 ans. Au niveau national, la majorité (30%) a entre 46 et 55 ans. Viennent ensuite les 36-45 ans et les 56-65 ans (23%).

FORMATION
Les entreprises
encore frileuses
La grande majorité des apprenants de l’Alsiv est constituée de particuliers, qui peuvent bénéficier de formations gratuites auprès de l’association. Quelques-uns sont toutefois «placés» par Pôle-Emploi et bénéficient ainsi de plans de formation financés par la Région. Des entreprises franchissent également le pas pour certains de leurs employés. «Mais c’est encore trop rare», regrette Marie-Cécile Lambert. Bien qu’individualisés, les parcours de formation proposés par l’Alsiv se déclinent généralement en petits groupes, qui ne dépassent que rarement quatre personnes.
 

Nicolas Boursier le 30/03/10

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Illettrisme :

Retour vers le savoir

La lutte contre l’illettrisme et l’analphabétisme s’inscrit depuis un quart de siècle au cœur des actions de l’association poitevine Alsiv.

Rue de la Clouère. Quartier des Couronneries. Au deuxième étage d’une bâtisse anonyme, la connaissance pose les jalons de la reconquête. Depuis vingt-quatre ans, l’association «Accéder à la lecture et aux savoirs indispensables à la vie» éduque ou rééduque les populations illettrées ou analphabètes à la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul. «Ce sont deux publics différents, explique Marie-Cécile Lambert, présidente de l’Alsiv. L’illettré a, dans la très grande majorité des cas, déjà appris à lire mais a perdu avec le temps la pratique de cette lecture et de l’écriture.»

L’analphabétisme caractérise au contraire des populations de personnes qui n’ont jamais été scolarisées et n’ont de fait jamais appris à lire ou à écrire. «Ou, comme c’est souvent le cas chez nos apprenants, poursuit Mme Lambert, des ressortissants étrangers sachant s’exprimer par l’écrit et la parole dans leur langue natale mais ne connaissant rien du français.»

Une demande croissante


Le siège des Couronneries est une station d’aiguillage. Les formations qui y sont prodiguées sont ainsi dupliquées dans quatre autres postes avancés de la capitale régionale. «Au total, étaie la vice-présidente, Claudie Delelis-Fanien, nous avons deux coordinatrices-formatrices salariées et une trentaine de formateurs bénévoles qui interviennent dans les quartiers de la ville. Grâce au soutien des centres socio-culturels locaux, nous disposons ainsi de créneaux à La Blaiserie Bel-Air, à la MJC Aliénor d’Aquitaine pour les Couronneries, à Cap Sud Bellejouanne et aux Trois-Cités-Clos Gaultier.»

Trente bénévoles pour quatre heures de formation hebdomadaires en moyenne par individu : l’équation laisse perplexe. Et ne cesse d’obscurcir l’horizon de l’association. «Nous manquons assurément de moyens humains, convient Marie-Cécile Lambert. C’est d’autant plus inquiétant que la demande, elle, est exponentielle. Aujourd’hui, nous avons 130 personnes environ en formation. Mais il y en a autant, sinon plus, qui attendent à la porte.»
Le message est clair. Les bonnes âmes sont les bienvenues. «La bataille contre l’illettrisme ne pourra entrevoir d’issue favorable que s’il devient l’affaire du plus grand nombre.» A bon entendeur…

Les chiffres et contacts à retenir

Nicolas Boursier le 30/03/10
 
 
 
 

A l’école du mercredi

Patricia a 26 ans. Depuis 2 ans elle suit des cours à l’ALSIV (Accéder à la Lecture et aux Savoirs Indispensables à la Vie). Avec le soutien des bénévoles de cette association elle prépare le Certificat de Formation Générale, un premier diplôme garantissant l’acquisition de connaissan­ces générales et donnant des équivalences pour la poursuite d’études. Rendez-vous avec son avenir en juin 2005.

Il règne un calme olympien dans les bureaux de l’ALSIV en cet après-midi. Le bruit des enfants qui jouent plus bas dans la rue rappelle que nous sommes mercredi et qu’il n’y a pas école aujourd’hui. Enfin, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Patricia, comme trois fois par se­maine, vient suivre des cours dans cette association, dont le but est de permettre à tout individu de maîtriser les savoirs essentiels : lire, écrire, compter, se repérer dans l’espace et dans le temps. Emprunte d’une pudeur touchante, cette frêle jeune femme raconte son parcours jusqu’à aujourd’hui ; sa sortie du circuit scolaire en classe de 5e, son séjour au CART (Centre d’Aide et de Redynamisation par le Travail) où elle s’initie à la vie en société, à la pratique du travail et surtout à l’indépendance. Enfin son arrivée à l’ALSIV il y a deux ans, et sa préparation depuis la rentrée au Certificat de Formation Générale. De la motivation et du courage, elle n’en a jamais manqué. Patricia ne dévoilera pas plus les fêlures de sa vie.En revanche elle ne cache pas sa passion pour les travaux ma­nuels comme la broderie et le point de croix qu’elle évoque avec une lueur dans les yeux, ainsi que son désir de tra­vailler un jour dans la vente. Si aujourd’hui elle ac­cepte d’apporter son témoignage, c’est avant tout pour que les gens prennent conscience du travail des bénévoles qui, après avoir reçu une formation de cinq jours, mettent leur temps et leurs connais­sances au service de ceux qui en ont besoin, et ils sont nombreux. Aujourd’hui entre 10 et 14% des personnes de plus de 18 ans ne maîtrisent pas les savoirs de base que sont l’écriture, la lecture et les opérations basiques. Essentiel, par conséquent, de souligner l’importance de structures telles que l’ALSIV et l’ANLCI (Agence Nationale de Lutte Contre l’Ille­trisme) à laquelle elle est liée.

Marion C.

ALSIV – 9, rue de la Clouère.Poitiers

Tél. 05.49.47.87.78

 

 

ALSIV

Pour vivre, tout simplement

L’ALSIV existait bien avant que Jacques Chirac ne fasse de la lutte contre

l’illettrisme une priorité nationale. Née en 1986, l’association poitevine permet

à une petite centaine de personnes d’“Accéder à la Lecture et aux Savoirs

Indispensables à la Vie”. D’où son nom. Car lire, écrire ou compter permet de

vivre, tout simplement.

«Mon rêve, c’est de lire et d’écrire !», s’enthousiasme Yvette, 31 ans, centre-africaine

arrivée en France en 2000. Apprenante à l’ALSIV depuis un an et demi,

elle progresse, d’après sa formatrice, à un rythme remarquable. La force de la motivation

sans aucun doute… Comme la plupart des apprenants, elle vient six heures par

semaine pour le français et s’impose deux heures de plus pour le calcul. «Aujourd’hui,

on ne peut pas se faire une place dans la société si on ne sait ni lire ni écrire», insiste

Anne-Marie Souchaud, présidente de l’ALSIV. Parmi les apprenants, âgés de 17 à 60

ans, on trouve des étrangers, comme Yvette, mais aussi des adultes ayant grandi en

France. Eux ont appris, mais n’ont pas retenu. Ils ont connu l’échec scolaire, la stigmatisation,

voire le mépris. La première mission de l’ALSIV est de leur redonner confiance

et de leur faire admettre qu’ils sont capables : «Les gens qui viennent sont pleins de qualités.

Il faut beaucoup de courage pour admettre son illettrisme». Les femmes semblent

faire la démarche plus facilement : elles représentent deux tiers du public de l’ALSIV. On

n’apprend pas à lire comme on claque des doigts : c’est un engagement de plusieurs

années qui vient se greffer sur la vie quotidienne, souvent déjà bien remplie, de ces adultes.

On n’apprend pas à lire comme on claque des doigts. Pour les adultes

qui suivent les séances de l’ALSIV, c’est un travail de longue haleine.

Photo : Nicolas Mahu

 

 

 

 

        
 


Auteur : Dominique Bruineaud et Olivier Saboureau (responsable du secteur enfants-familles à Cap-Sud et coordinateur de l’ALCIV)
Adresse : Poitiers
Académie : Poitiers
Département : Vienne

 
 
LE CONTEXTE
Une réunion importante
Nombre de personnes sont en grande difficulté d’illettrisme dans le quartier de Poitiers-Sud. C’est ce que constate sur le terrain Dominique Bruineaud, responsable du secteur enfants-familles au centre social Cap-Sud de Poitiers, au travers d’activités périscolaires.
Au cours d’une réunion du Collectif Illettrisme, structure informelle rassemblant acteurs publics et privés poitevins de lutte contre l’illettrisme, il alerte associations, organismes de formation et pouvoirs publics.
L’ALCIV (Association de lutte contre l’illettrisme de la Vienne) et Cap-Sud décident de se mobiliser ensemble et de développer des ponts entre l’animation et la formation à destination de ces parents en difficulté.
Objectifs
Il s’agit pour les acteurs de la lutte contre l’illettrisme de repérer et mobiliser des personnes en difficulté et de développer et animer un temps de formation sur Poitiers-Sud.
Vis-à-vis des parents, la perspective est de les « reparentaliser » en quelque sorte, de leur apprendre à connaître d’autres personnes du quartier et de les conduire, au travers de diverses activités manuelles et petit à petit, vers le chemin de l’écrit.
Enfin, concernant les enfants, l’objectif est de développer le dialogue, l’écoute parents-enfants, d’enrichir les relations parents-enfants-école et, en participant ensemble à une activité collective, de tisser un lien social.
L’ACTION
Mobiliser les animateurs
Dans un premier temps, une sensibilisation à la problématique de l'illettrisme a été faite auprès des animateurs du centre.
Repérage du public cible
Au cours d’activités périscolaires organisées pour les enfants et les familles par Cap-Sud à la ferme des Prés-Mignons, Dominique Bruineaud et d’autres animateurs repèrent 8 à 10 parents en grande difficulté par rapport aux savoirs de base de la lecture et de l’écriture. De septembre à juin, pendant deux ans, un atelier parents-enfants a lieu tous les vendredis au centre des Prés-Mignons de Poitiers-Sud.
Les activités
Chaque séance est organisée autour d’une activité manuelle (calligraphie, pâte Fimo, gâteaux avec leur recette...). Tout le monde s’applique joyeusement et, en cours de réalisation, s’amorçent des discussions. Qui va créer des fiches sur l’ordinateur ? « Moi je ne sais pas faire alors que mes enfants le font... » C’est le premier pas pour mobiliser ces parents vers un dispositif de formation.
Des temps forts
Ainsi, durant plus de 50 vendredis, de nombreux parents et enfants se retrouvent. Deux expositions permettent de montrer les réalisations produites lors de ces temps forts : livres-objets et marque-pages notamment.
LE BILAN
Un travail solidaire et dans la durée
C’est le travail de partenariat qui a permis de repérer et surtout mobiliser des personnes vers des actions de formation aux savoirs de base. Les acteurs sociaux connaissent le quartier, rencontrent régulièrement les habitants et peuvent repérer des difficultés de lecture ou d'écriture. Le formateur sur le terrain, quant à lui, est le lien indispensable entre la demande, la prise de conscience et l'acceptation de la nécessité d'aller faire une formation.
Le contact direct et dans la durée entre les personnes en difficulté, les acteurs sociaux et les formateurs ont été efficace dans leurs différentes actions. Ainsi des rencontres ont-elles pu être organisées avec les parents seulement, sans les enfants, pour échanger avec eux et réfléchir à une organisation possible de formations à l’informatique, à l’écrit...
Le premier pas franchi...
Depuis septembre 2001, l’ALCIV dispose de créneaux horaires dans les locaux de Cap-Sud. Des cours de lecture et d’écriture s’y déroulent chaque semaine. Ils sont animés par des formateurs bénévoles du quartier, encadrés par une coordinatrice.


Mise en ligne en octobre 2003.

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